Salut,
Si vous en doutiez, je suis heureuse de vous informer qu’on peut écrire sur la tech au quotidien, se préoccuper de nos outils connectés depuis plus d’une décennie, et continuer de faire des erreurs de débutante sur des services numériques relativement simples.
Je peux vous le dire, puisque c’est ce que j’ai fait la semaine dernière. Je vous ai préparé une lettre en quatrième vitesse, à la fois pour vous alerter de ne pas tomber dans le panneau du traitement complètement halluciné de l’IA qu’on voit dans l’essentiel des médias ces dernières semaines, et pour informer les francilien·nes parmi vous que je passerai une tête à la Fête de l’Humanité. J’ai fait relire mon œuvre - une fois n’est pas coutume - par l’être de lumière qui partage ma vie, et j’ai appuyé sur un bouton dont j’étais convaincue qu’il signifiait : “envoyez, c’est pesé”.
Point du tout : ç’a juste publié l’article sur ma page Kessel, vous n’avez rien reçu dans vos boîtes mail, et moi, bienheureuse que je suis, j’ai mis trois jours à me rendre compte de mon acte manqué. Me voici donc, pour de bon cette fois, avec quelques actualités à vous partager et les deux conseils de lecture que je voulais vous donner la semaine passée. Juste à temps pour le départ en week-end.
Ce n’est pas d’IA-pocalypse qu’il faut s’inquiéter
Vous les avez vus, tous ces experts de l’intelligence artificielle* qui font le tour des radios, télévisions et autres Unes médiatiques pour sonner leur gong de fin du monde et annoncer l’IA-pocalypse ?
Je ne vous cache pas que plus il dure, plus ce cadrage m’agace, puisqu’il cache l’essentiel : chaque fois qu’on fait du bruit sur les prétendus pouvoirs (magiques ? spirituels ? fin-de-l’histoir-ique ?) de l’IA, on détourne l’attention de ses impacts concrets. C’était déjà mon propos dans l’Envers de la Tech, ça l’est encore en ce mois de septembre 2026.
Le 8 septembre, dans le RDV Tech, je m’agaçais de cette rentrée ensevelie sous les discours toujours plus dystopiques, toujours plus impressionnants, toujours juste-avant-une-opération-pour-lever-de-l’argent avec lesquels les entreprises de la tech en général, celles de l’IA en particulier, nous rebattent les oreilles. Pendant qu’ils accumulent des discours de savants fous dépassés par leurs créations, rappelons tout de même qu’Anthropic et OpenAI préparent des entrées en bourse (quoiqu’OpenAI est en train de virer de bord).
La semaine dernière, sur LinkedIn ou dans ma lettre jamais envoyée, je m’inquiétais par exemple du rôle de l’automatisation dans le recours croissant des États à la répression. Le projet politique que cache la course prétendument purement économique de l’IA, voilà un impact dont il nous faudrait débattre, alors que les élections de mi-mandat se profilent aux États-Unis, alors qu’une présidentielle se dessine en France.
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