Meta, mineurs en ligne et hits fiscalisés
Salut,
J’espère que vous allez bien.
De mon côté, je rentre de vacances bien méritées… et le rythme de publication de Technoculture s’est finalement retrouvé ralenti. Mais me revoici.
Problématique ancienne, mais qui me semble prendre un tour plus radical depuis le ralliement assumé de Mark Zuckerberg à Trump II : diverses organisations spécialisées dans la défense des droits reproductifs, dans la santé sexuelle, ou liés aux droits et cultures queer témoignent d’une difficulté croissante à recourir aux outils de Meta (Instagram, Facebook, Threads, WhatsApp).
Concrètement, Médecins du Monde explique par exemple que le compte de son programme Jasmine, dédiée à la lutte contre les violences faites aux travailleurs et travailleuses du sexe, ou celui du programme Rosela, dédié à la prévention auprès de ce même public, ont été suspendus du jour au lendemain, au motif que le contenu ne « respecte toujours pas » les standards de communauté. Aucune explication plus précise ni réel moyen de recours ne lui ont été communiqués.
Auprès de RFI, les responsables de ces programmes expliquent bien faire « hyper attention » au type de publication qu’ils diffusent, depuis longtemps. Après tout, si Meta permet de discuter des droits des travailleur·euses du sexe, l’entreprise interdit tout contenu facilitant les services sexuels ou ceux à dimension pornographique. Elle est par ailleurs notoirement connue pour la rigueur de sa modération sur ce type d’enjeux.
En France, l’association Grisélidis a aussi été touchée, tandis que dans le reste de l’Europe et du monde, l’ONG Repro Uncensored relève une vague plus large de restrictions des contenus relatifs à la santé sexuelle et reproductive et aux droits des personnes LGBTQIA+.
À l’échelle de l’Union, difficile de ne pas faire le lien avec la lecture très large que l’entreprise a adopté du règlement européen sur la publicité politique. Car Meta oriente non seulement les discours « natifs », c’est-à-dire ceux que les utilisateur·ices, que ce soit vous, moi ou un compte d’association, publient gratuitement, mais aussi les publicités.
Entré en vigueur en octobre 2025, ce dernier vise à empêcher la diffusion de publicités politiques sur le territoire européen, et les grandes plateformes numériques s’y sont pliées. Sauf que Meta l’a fait d’une manière particulière. Outre les publicités « politiques » et « électorales », l’entreprise a déclaré cesser la diffusion de toutes celles relatives à des « sujets sociaux ».
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