Hello âïž
JâespĂšre que vous allez bien, que lâĂ©tĂ© fut beau, que lâĂ©nergie est au max !
LâĂ©tĂ© se termine, la rentrĂ©e se dessine, et entre mes Ă©pisodes de repos et ma reprise sur les chapeaux de roue, je prends du retard sur Technoculture. PlutĂŽt quâune traditionnelle lettre, disons donc que vous recevez ici une sĂ©rie de cartes postales, Ă©crites au fil du mois Ă©coulĂ©.
Jâen profite pour dire merci Ă celles et ceux dâentre vous qui soutiennent mon travail via des participations ponctuelles ou des abonnements rĂ©guliers. Je vous vois, je ne sais pas dans quelle mesure ma radicalisation caniculaire y est pour quelque chose, mais dans tous les cas : mille fois merci !
Rendez le cash
Avec lâĂ©tĂ©, câest la saison des festivals qui se termine. Chez moi, la musique en plein air est une vraie tradition depuis mes 15 ans. Mais ces derniĂšres annĂ©es, il y a une pratique de numĂ©risation qui vient chaque fois mâirriter, tel un caillou numĂ©rique que je traĂźnerai dans ma chaussure au fil de longues soirĂ©es dansantes. Cette pratique, câest le cashless.
Cet Ă©tĂ©, les affreux bracelets passĂ©s dans un bout de plastique tamponnĂ© dâun QR code dĂ©diĂ© au paiement sont devenus mon symbole personnel de lâenshittifcation dâune pratique a priori non connectĂ©e. Quand jâĂ©tais au lycĂ©e, il me suffisait dâimprimer mon billet, ou dâaller le rĂ©cupĂ©rer Ă la Fnac, en mĂȘme temps que les places de je ne sais quel spectacle auquel iraient mes parents. Pendant mes annĂ©es Ă©tudiantes, jâai pu ne partir quâavec mon tĂ©lĂ©phone en poche et passer directement le code-barres dâune place affichĂ©e sur mon Ă©cran, luminositĂ© au max, Ă lâentrĂ©e des salles de concerts ou autres joyeux Ă©vĂ©nements. Mais avec lâapparition du cashless - cette invention du troisiĂšme cercle de lâenfer dâaprĂšs laquelle il serait mieux de ne payer quâavec un bracelet ou une carte dĂ©diĂ©e plutĂŽt quâavec de la đ° monnaie đ°, ou bien la đł carte bleu physique ou dĂ©materialisĂ©e đł que nos bien-aimĂ©s banquiers mettent gĂ©nĂ©ralement dĂ©jĂ Ă notre disposition contre une petite participation -, les choses se sont dĂ©finitivement dĂ©gradĂ©es.
DĂ©sormais, chaque Ă©tĂ©, quand bien mĂȘme je retourne souvent aux mĂȘmes festivals, je dois payer, en plus de mon billet (dont je nâĂ©voque mĂȘme pas lâinflation du montant) quelques euros Ă un acteur tiers dont je nâai que faire, uniquement prĂ©sent pour fournir un outil que je nâai jamais souhaitĂ© utiliser. Ă ceci sâajoute la nĂ©cessitĂ© dâalourdir la mĂ©moire de mon tĂ©lĂ©phone avec une, voire deux (!!) applications stupides, nĂ©cessaires pour rĂ©cupĂ©rer mon billet et effectuer les transferts financiers. Applications qui me demandent, pour mâinscrire, un mot de passe fort, une adresse mail, mon numĂ©ro de tĂ©lĂ©phone, et pourquoi pas mon passeport, ma carte vitale, et puis un rein tant quâon y est ?
Vous lâaurez compris, je pourrais longuement disserter sur ce nouvel espace de nos vies transformĂ©es en machine ringarde-Ă -peine-nĂ©e, uniquement destinĂ©e Ă fabriquer des bases de donnĂ©es sensibles, quâon retrouvera bientĂŽt (surprise) semĂ©e aux quatre vents sur des forums de cyberdĂ©linquants. Heureusement, pour prĂ©server la sĂ©rĂ©nitĂ© que je me suis employĂ©e Ă cultiver en bord de mer, je peux simplement vous renvoyer vers TĂ©lĂ©rama, qui sâest emparĂ© du sujet, dans le calme.
đ§ Om
Vers une géopolitique de la justice sociale ?
Jetez un Ćil au projet de justice mondiale. Pour reprendre les mots de Jade Lindgaard, dans Mediapart, son programme « repose sur un pari paradoxal : sâinscrire dans la tendance longue du XXe siĂšcle Ă rĂ©duire les inĂ©galitĂ©s et reconnaĂźtre les droits sociaux, mais rompre avec le laisser-faire actuel si favorable aux grosses fortunes et puissants. »
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