Salut,
Une rapide carte postale du cœur de l’été !
Vous êtes beaucoup à m’avoir rejointe après ma radicalisation caniculaire. Bienvenue ! Ici on parle d’un paquet de choses, et comme je sais que ça en a déjà surpris certains, on en parle à peu près toujours sous le prisme du numérique. Sur les questions environnementales, par exemple, ne vous étonnez pas si je passe beaucoup de temps sur les problématiques technologiques, plutôt que sur ceux de l’agro-industrie ou des énergies fossiles : ce biais est entièrement dû à ma spécialité : le numérique.
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Édito
Avant-hier, je suis tombée sur une tribune de Charles Gorintin, le directeur technique d’Alan, qui est aussi conseil de Mistral AI depuis ses débuts. En substance, il y explique que vu le mix énergétique français (passion nucléaire), notre électricité est propre, et qu’il faut donc construire des centres de données en France.
« Refuser un data center en France ne supprime aucune requête. Elle sera servie ailleurs, sur un réseau au gaz ou au charbon, avec un manque à gagner économique pour nous. Chaque gigawatt que nous ne construisons pas ici se construit là où l'électricité est plus sale », écrit-il sur Linkedin. Avant de conclure que « le geste écologique consiste à construire. En France. »
Je l’admets, lire « construction de centres de données » et geste écologique liés dans une même phrase m’a agacée. J’ai donc pris ma plus belle plume, et lui ai signalé que ce rapprochement pouvait paraître un poil malvenu, alors que la Gironde se débattait (et se débat toujours) avec les flammes et que nous entrions dans une quatrième vague caniculaire avant même d’avoir atteint le milieu de l’été.
J’ai eu quelques réponses intéressantes. Charles Gorintin m’a fait remarquer qu’ « au vu des ordres de grandeur, l'IA n'est pas pour grand-chose » dans la catastrophe en cours. Comparé au rôle des secteurs aérien, de l’agroalimentaire, de la fast-fashion, ou des énergies fossiles, c’est vrai, l’intelligence artificielle est loin d’être le domaine le plus polluant. Cela n’empêche pas d’interroger la course dans laquelle nous sommes lancés.
Même si la frénésie actuelle a été initiée il y a moins de quatre ans avec la sortie des applications grand public des modèles de langage, nous avons déjà une foule d’éléments permettant de douter de son bien-fondé. D’un point de vue économique, il y a la question de la rationalité des capitaux risqueurs et des marchés, pour commencer.
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